31/03/22

Signaux faibles 2022

Signaux faibles s’articule autour des concepts d’itinérance et de récit spéculatif. Réalisée à l’intérieur d’un camion/caméra-obscura, cette série de vingt- quatre sténopés prise lors d’une traversée du Canada en 2014 propose maintenant une histoire très différente de celle qui avait conclu initialement ce même voyage. Ainsi, en laissant reposer ces images pendant quelques années, et en me distanciant de leur contenu, apparaissent certains détails qui présagent un autre type de chronique. Les temps et les lieux étant désormais suspendus, le récit se projette aux limites du présent et d’un futur probable grâce au texte de Simon Harel. Il permet l’émulation stylistique des deux collaborateurs dans la création du nouvel ouvrage.

 

 

(…) ainsi, on comprend mieux que ce qui est particulier dans le travail de Marie-Christiane Mathieu, mais tout à fait logique par rapport à sa démarche, c’est le fait qu’elle abandonne complètement son espace de vie dans le véhicule pour le transformer en chambre noire par le biais de la technique de caméra obscura qui, on se souvient, fait que, grâce à un petit orifice réalisé dans la paroi d’un espace complètement noir, une image inversée s’imprègne sur le mur opposé. L’image se projette en quelque sorte. Elle voyage vers l’intérieur pour s’approprier l’espace intime de l’artiste auquel, au fond, elle ne tient pas. L’image émerge de manière aléatoire mais s’impose avec force sans compromis. L’artiste établit ses limites d’intervention : choisir le lieu et le moment de la photographie. Liliputienne dans sa grande « chambre noire », elle télescope l’espace et sa présence pour faire naître un nouvel aître. L’image qui émerge de ce processus, paradoxalement, bien qu’ayant pénétré l’intimité de l’espace de vie, nous fait voir des espaces où l’être est absent. Et, pour refermer le cercle, Mathieu choisit des maisons mobiles comme sujets. Lieu de départ et lieu d’arrivée d’un voyage physique et temporel, la maison obscura, coeur même de l’activité créatrice, bat au rythme des possibles dans un jeu d’essais erreurs. La roulotte est en effet le sujet de représentation et l’outil même permettant cette représentation. L’être absent du rendu photographique est à l’intérieur du miroir, à l’intérieur de la roulotte. Voilà pourquoi la série de photographies réalisée par Mathieu dépasse le seul objet de sa représentation. Et pourquoi, si on s’attarde à leur nature, ces photographies évoquent également le déplacement, l’éphémère et par le fait même, le temps. De plus, le rendu du grain, la qualité formelle de l’oeuvre, ne prétend à rien. Ce rendu est évanescent et monochrome à cause de la nuit qu’il semble illustrer. Leurre dû à la technique, ce fait active la perception du regardeur, les repères s’estompant. Dans certaines photographies par exemple, on ne sait plus s’il y a vraiment de la neige au sol ou s’il s’agit de pelouse, s’il s’agit de ciel ou d’eau. D’ailleurs, est-ce bien important d’être conforté dans ce que le regard prétend voir ? La perte de repères, sorte de traumatisme contrôlé, déclenche la quête d’équilibre dans une nouvelle dynamique que constituent les bases de l’interprétation. En mouvance, le regardeur s’immisce involontairement dans le processus performatif de l’oeuvre. (…)
— Manon Blanchette

 

À lire:

Marie-Ève Charon, Dans les arcanes du road trip de Marie-Christiane Mathieu, Le Devoir, 7 décembre 2019

 

 

Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien.
We acknowledge the support of the Canada Council for the Arts.
Les Presses de l’Université Laval reçoivent chaque année du Conseil des Arts
du Canada et de la Société de développement des entreprises culturelles du
Québec une aide financière pour l’ensemble de leur programme de publication.

Direction et conception : Andrée Lauzon, Marie-Christiane Mathieu
Texte : Simon Harel
Sténopés : Marie-Christiane Mathieu
Conseillère artistique et technicienne en impression numérique : Caroline Savaria
Imprimé chez Graphiscan, Montréal, Québec, Canada
ISBN papier : 978-2-7637-5781-0
ISBN PDF : 9782763757827
ISBN ePUB : 9782763757834

© Les Presses de l’Université Laval

Tous droits réservés.
Imprimé au Canada
Dépôt légal 1er trimestre 2022
Les Presses de l’Université Laval
www.pulaval.com

Première édition (2019) produite à L’Imprimerie, Montréal : deux exemplaires ont été imprimés sur Tyvek et reliés à la main.
Un exemplaire imprimé sur papier archive 100% coton (Epson Hot Press Bright) a été mis dans un boitier.
Les textes de Simon Harel ont été imprimés sur Mylar.

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Signaux faibles 2022
31/03/22

Symposium-Baie-Saint-Paul-2018

PROSPECTION| 2018 |
36e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, Qc

À bord de son camion transformé en camera obscura, Marie-Christiane Mathieu saisit des images du paysage de Baie-Saint-Paul dans la lumière du matin. ‘’Je voulais voir comment le paysage industriel, économique, cohabite avec le paysage patrimonial, agraire’’, note-t-elle. En tentant de collecter ces intrusions sauvages, elle a toutefois obtenu des images étonnantes, très poétiques, qui flirtent avec les tableaux impressionnistes ou de paysages hollandais. ‘’Ça diminue mon mordant ‘’, constate l’artiste, qui accueille toutefois cette surprise avec intérêt.
Josiane Desloges, Le Soleil, 18 août 2018

14 août 2018
J’ai ouvert l’ordinateur pour écrire sur  la sensation que j’éprouvais constamment devant l’image à venir, celle qui allait apparaitre et à laquelle, bien évidemment, je ne m’attendais pas.
Depuis deux semaines, je ratisse les environs de Baie-Saint-Paul pour trouver la petite faille, l’erreur, l’incongruité. Il semble que tout ce que je capture finisse par baigner dans une aura de sainteté, une lumière absolue d’image presque parfaite. On a tous entendu parler de cette lumière de Charlevoix tant appréciée des peintres paysagers. Est-ce ce phénomène palpable que je saisis à travers mes images ? L’étendue du paysage, son ouverture vers le fleuve doit bien être responsable de quelque chose.
La photo de la Maison-mère des Petites Franciscaines a été le premier sténopé que j’ai réalisé. Il devait être un simple test, il sera l’étalon de tout ce qui suivra.


Comment faire mieux que ça… mais surtout comment ne pas faire comme ça, était le point de départ d’une réflexion qui allait me poursuivre au cours du symposium. Tout d’abord rejetée par sa facture classique, le statut autoritaire de l’édifice, l’éclat parfait de la lumière sur la surface des clochers, le ciel bleu et les nuages, la structure formelle de la photo indiquait ses directions verticales et horizontales, le tout unifié par l’atmosphère de Baie-Saint-Paul. It grows on you… l’image a fait tranquillement son chemin. J’étais devant une capture parfaite, mais tout de même énigmatique due à l’élément horizontal en avant plan du bâtiment. Un objet oblong compétitionnait en reflet avec celui des clochers. Sa forme horizontale s’étirait parallèle à la route. Pourquoi rejeter l’image?   Cette horizontalité donnait le ton. Elle était l’indice du développement économique qui avait transformé le paysage.
L’industrie pétrolière et gazière, l’hydro-électricité, fleuron économique du Québec, transforment notre rapport à la nature, à l’agriculture et à la culture par empiètement du territoire, souvent dans des écosystèmes fragiles. L’horizontalité est leur marque, leur façon de faire circuler et de distribuer. L’économie rase horizontalement la surface comme une vague de tsunami. Elle entraine dans sa course arbres, forêts, champs, village. Elle épuise le vivant.
Marie-Christiane Mathieu

ARTICLES ET CAPSULES SUR CE PROJET

Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul
La Fabrique Culturelle
Quand l’art pense le politique, 36e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul
Anithe de Carvalho, Vie des arts, No 252, Automne 2018.
Études libres sur l’état du monde au Symposium de Baie-Saint-Paul

Josiane Desloges, Le Soleil, 18 août 2018
https://www.lesoleil.com/arts/expositions/etudes-libres-sur-letat-du-monde-au-symposium-de-baie-saint-paul-cb8efe57107b482487c924299aa7a6e2

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Symposium-Baie-Saint-Paul-2018
03/03/15

Sujets et objets du trajet

Sujets et objets du trajet

actes de colloque
Collection Phosphore, PUL

Avril 2016

Cette publication constitue les actes de la conférence  Sujets et objets du trajet qui a eu lieu le 14 novembre 2013. Cette rencontre réunissait des conférenciers de divers horizons, artistes, ingénieurs et ethnologues qui, à travers différents voyages, ont constitué des archives générant des formes de savoir. Ces formes hétérogènes de savoir sont à la base des pratiques d’artistes qui explorent le road trip non seulement comme lieu de recherche et outil de travail, mais comme œuvre d’art.

Auteurs:  Nancy Nisbet, Christian Calon, Marie-Christiane Mathieu, Chantal Dumas, Geneviève Gasse, Philippe-Aubert Gaultier, Éric Létourneau….

Sujets et objets du trajet – Phosphore – PUL

 

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Sujets et objets du trajet
13/01/15

L’a-maison

L’a-maison

l-a-maison
Collection: Phosphore
Les Presses de l’Université Laval
Discipline: arts-études
Publié en: Janvier 2014
86 pages
Français/Anglais

 

Résumé

S’inspirant de la phrase de Reyner Banham « a house is not a home », L’a-maison examine à travers les textes de Georges Teyssot, Jacques Perron et Marie-Christiane Mathieu la présence du corps dans l’espace domestique et remet en question la notion d’habiter, voire de s’installer et de demeurer. Cet ouvrage constitue le premier volet d’un projet à long terme visant la validation du concept d’aître (être+air[e]), un anachronisme «qui a la particularité phonétique, en français de retourner une notion de lieu vers une question d’être».

 

Recensions

• Marie-Christiane Mathieu, Jacques Perron, Georges Teyssot, L’a-maison, Espace, art actuel – pratiques et perspectives, no 109, hiver 2015 art actuel, p94

• Sonia Pelletier, Home-Sweet-Home, CV 98, automne – Fall 2014 p.86

• L’A-maison : la possibilité d’un idéal ?, Le Soleil, avril 2014

 

 

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L’a-maison
13/01/15

L’Objet

 

L’Objet

L'Objet

Collection:Phosphore
Les Presses de l’Université Laval
Discipline: arts-etudes
Publié en: Septembre 2014
122 pages
Français

Résumé

Créer de la connaissance à travers la fabrication de l’objet singulier qu’est une œuvre d’art donne à réfléchir sur « une unité cohérente, une structure qui présente les caractéristiques d’un monde». Se faisant, l’artiste-chercheur prend en compte les faisceaux de références qui valident toutes recherches, son travail se mesure à des savoirs divers de pratiques et de méthodes. La réflexion développée autour de l’objet d’art ne puise plus uniquement dans le creuset d’une histoire de l’art, mais à travers un vaste réseau de connaissances disponibles au sein de l’université. Les auteurs de cet ouvrage, Marcel Jean, Richard Baillargeon, Renée Bourassa, Francine Chainé, Andréanne Jacques, Suzanne Leblanc, Bernard Paquet, Guillaume Adjutor Provost et Marie-Christiane Mathieu sont tous liés de façons différentes à l’École des arts visuels de l’Université Laval. Leurs textes présentent des points de vue variés sur les approches méthodologiques et conceptuels qui caractérisent la recherche-création.

 

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L’Objet
13/01/15

Sputnik

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POUR TOUTES LES IDÉES LANCÉES EN L’AIR ET TOUJOURS EN ORBITE

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